Inventaire hebdomadaire #2

Je conserve pour le moment le rythme de demi-journée de présence au monastère, impulsé entre ma semaine du côté d’Agen et celle passée en Bretagne.
Cela me permet de prendre mes marques, d’amorcer la dynamique, tout en n’étant pas effrayée voire tétanisée par l’ampleur de la tâche.

Cela laisse aussi de l’espace à mon esprit pour vagabonder.
Je réfléchis beaucoup notamment à ce que j’ai envie d’écrire et de partager ici.
C’est du travail, aussi. J’allais écrire « d’une certaine façon », mais non.
C’est du travail, aussi. 
C’est comme une certitude – assumée – aujourd’hui. Je tiens à ce que l’écriture, sous une forme ou une autre, devienne une des pièces de ce puzzle professionnel que je suis déterminée à construire.
L’un des avantages, sans doute, à envisager désormais un travail protéiforme, où je me sens autorisée à superposer, faire cohabiter, entremêler les différentes facettes entre lesquelles j’étais depuis si longtemps persuadée que je devais choisir.

Je trépigne à l’idée de la rentrée universitaire.
J’ai hâte de donner un cadre à mes réflexions qui pour le moment, il faut bien le dire, partent un peu dans tous les sens ! Pour autant, tout ça est tellement enthousiasmant que je les laisse bien volontiers profiter de cette absence de cadre estival.
Hâte aussi de pouvoir échanger notamment avec les professeurs, pour mesurer si mes envies de doctorat qui se précisent et se renforcent au fil de mes lectures / réflexions sont ou non complètement loufoques.

Je parviens pour le moment à caler dans chacune de ces journées au format nouveau une session de yoga plus ou moins longue selon les jours. Rendez-vous de fin de journée, chaque session est comme le pendant du café que je bois le matin quand j’arrive à mon bureau.
Le signal que la journée se termine, une façon aussi de regarder autrement ce qui s’est passé, ce qui est advenu dans la journée. 

#Choses lues

« Nous étions surtout intéressés par ce que ces « énergies » peuvent nous apprendre, à la manière dont chacun peut s’en inspirer dans son propre champ d’activité – l’architecture, le journalisme, ou n’importe quoi d’autre – aux mises en récit qu’elles portent, aux méthodes d’actions qu’elles engagent. »

En lisant cette phrase, ce parallèle entre les « énergies » et les mises en récit, je me suis dit voilà, peut-être que faire circuler / libérer les récits c’est d’une certaine façon contribuer à faire circuler / libérer les énergies.
J’en reparlerai prochainement dans un billet dédié.

« Nous avons choisi d’être des acteurs et pas seulement des théoriciens ou des concepteurs. Personnellement, je ne pourrais pas prendre la parole sur ces sujets si je ne me confrontais pas à la réalité, si je n’avais pas les pieds dans la complexité (…) C’est parce que je connais cela intimement par l’expérience – et pas seulement par des idées a priori – que je peux en parler »

Voilà une citation que je vais conserver précieusement, tout près de moi, l’afficher sans doute, tant elle correspond à ce à quoi j’aspire, ce à quoi je veux veiller.

 

Nouvel entretien de Nicola Delon,  publié cette fois sur AOC et mené par le géographe Michel Lussault.
L’entretien précédent était centré sur l’exposition « énergies désespoirs », celui-ci revient plus globalement sur la façon dont Nicola Delon envisage et met en œuvre son travail d’architecte.

Cette deuxième lecture me donne envie d’écrire un article sur ce que les lectures relatives à l’architecture m’apportent dans mes réflexions professionnelles, bien qu’elles ne soient a priori pas directement liées à ce sujet.

nb : une conférence de Nicola Delon est d’ailleurs programmée le 30 septembre à 18h, au Bazaar St So, dans le cadre de l’exposition « Espaces possibles, prendre la mesure des Tiers lieux »

 

« Je ne sais pas trop quoi faire. À lire Ponthus je me convaincs encore une fois que celles et ceux qui écrivent – ou décrivent – doivent honorer cette mission, c’est déjà ça disons mais ne suffit pas, on le sait. Résumons : lire, écrire, observer, toucher du doigt, de la langue aussi, pleurer, hurler, contempler des beautés, éviter tout mépris, manger autrement, essayer, prendre soin absolument de qui on peut, aller à l’inverse des embrouilles (pas trop de mépris par pitié), accepter la complexité et la nuance comme indique Edgar depuis le temps, mais chercher à simplifier la vie… »

Voilà encore un texte qui nourrit encore un peu plus mon envie d’écrire ce billet sur l’importance des récits partagés…

Un jour peut-être je vous raconterai combien les billets de Sophie Poirier publiés pendant le premier confinement m’ont été une planche de salut, moi qui les premières semaines ne parvenaient plus à lire, du tout.

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